En bref — Sur mes 5 derniers mois de homelab, j’ai économisé environ 18€/mois en abonnements cloud remplacés. Après déduction de l’électricité (~8€/mois), le gain net est autour de 10€/mois soit 120€/an. Ce n’est pas le seul argument — le contrôle des données et l’absence de limite de stockage comptent autant — mais le ROI financier est réel et mesurable.
Ce que j’ai remplacé (et ce que ça coûtait)
Je me suis servi de Wallos pour inventorier tous mes abonnements avant de monter le homelab. Voici ce qui est parti.
Google Photos — 2.99€/mois
J’étais sur le plan 100 GB à 2.99€/mois. Remplacé par Immich sur un LXC Proxmox avec stockage NFS sur le UNAS Pro. Résultat : stockage illimité (j’ai importé 47 000 photos sans y penser), reconnaissance faciale locale, app mobile aussi bonne. Économie : 2.99€/mois.
Feedly (RSS) — 8€/mois
J’avais Feedly Pro pour agréger mes flux tech. Remplacé par FreshRSS en Docker. Fonctionnellement identique pour mon usage (lecture, marquer comme lu, favoris). Économie : 8€/mois.
iCloud 50 GB — 0.99€/mois
Je gardais iCloud uniquement pour les sauvegardes iPhone. Depuis qu’Immich gère les photos et que les docs importants sont sur le NAS, j’ai rétrogradé au plan gratuit (5 GB). Ce n’est pas une suppression totale mais une réduction. Économie : 0.99€/mois.
Speedtest premium — 3€/mois
J’avais un abonnement Ookla pour les tests illimités sans pub. Remplacé par Speedtest Tracker en Docker, qui tourne automatiquement toutes les heures et affiche l’historique. Plus utile qu’un test manuel occasionnel. Économie : 3€/mois.
Wallos pour le reste — 0€ (mais des surprises)
En installant Wallos pour tracker mes abonnements, j’ai découvert 3 abonnements oubliés que je n’utilisais plus : un VPN que j’avais remplacé par WireGuard sur la Dream Machine, un service de monitoring SaaS, et un outil de backup cloud. Supprimés. Économie supplémentaire hors homelab : ~12€/mois.
Ce que je n’ai pas remplacé (et pourquoi)
Le self-hosting ne remplace pas tout. Soyons honnêtes sur les limites.
- Spotify : il n’existe pas d’alternative self-hosted sérieuse pour le streaming musical légal. Navidrome et Jellyfin couvrent ta propre bibliothèque, mais pas l’accès à 100 millions de titres. Je garde Spotify.
- Netflix : Plex couvre ma médiathèque personnelle (films achetés, rips), mais pas les séries originales Netflix. Je garde Netflix, mais j’ai supprimé les abonnements canal+ et Disney+ que Plex rend superflus pour moi.
- Suite Office / iWork : j’utilise peu ces outils, donc pas de remplacement envisagé. Collabora Online sur Nextcloud serait la piste, mais le ratio effort/bénéfice est mauvais pour mon usage.
Le coût réel du homelab
Un homelab ça consomme. Il faut être honnête là-dessus pour calculer le vrai ROI.
Mon setup tourne 24h/24 : un MS-01 principal (~35W), deux nœuds secondaires (~20W chacun), un switch UniFi (~10W), la Dream Machine SE (~15W). Total estimé : ~100W en continu. À 0.25€/kWh (tarif bleu EDF zone), ça donne :
100W × 24h × 30 jours = 72 kWh/mois × 0.25€ = 18€/mois d’électricité.
Nuance importante : le cluster Proxmox fait beaucoup plus que remplacer des abonnements cloud. Il héberge Home Assistant, Plex, tous mes services Docker, mes VMs de test, le stockage NFS. L’électricité n’est pas un coût imputable uniquement au « remplacement cloud ».
Pour être conservateur, j’impute 40% de la conso au remplacement cloud (le reste étant homelab/domotique de toute façon). Soit ~7-8€/mois imputables.
Le tableau ROI complet
| Service remplacé | Coût évité/mois | Alternative self-hosted |
|---|---|---|
| Google Photos 100 GB | 2.99€ | Immich |
| Feedly Pro | 8.00€ | FreshRSS |
| iCloud 50 GB | 0.99€ | NAS + Immich |
| Speedtest Premium | 3.00€ | Speedtest Tracker |
| Canal+ (remplacé par Plex) | 8.99€ | Plex |
| Disney+ (idem) | 5.99€ | Plex |
| Total économisé | 29.96€/mois | |
| Électricité imputée (40%) | -7.50€ | |
| Gain net | ~22€/mois |
Soit environ 265€ économisés par an. Le matériel initial (MS-01, disques, réseau UniFi) représente un investissement d’environ 2 500€ — amorti en ~9 ans uniquement sur les économies d’abonnements. Ce n’est clairement pas un investissement rentable si c’est le seul critère.
Le vrai ROI n’est pas que financier
La vraie valeur du homelab pour moi, dans l’ordre :
- Contrôle des données : mes 47 000 photos ne sont pas chez Google. Mon historique de navigation, mes flux RSS, mes films ne sont pas analysés par un tiers.
- Stockage illimité : j’ai 20 TB disponibles. Je ne regarde plus la taille de mes fichiers avant de les garder.
- Apprentissage : Proxmox, Docker, réseau, domotique — le homelab m’a appris plus en 6 mois que 3 ans de veille tech passive.
- Disponibilité locale : Plex, Immich, Home Assistant fonctionnent même si internet est coupé. Pas d’outage AWS qui me prive de mes photos.
- Économies : en 5ème position. Réel mais pas le moteur principal.
Si tu montes un homelab uniquement pour économiser sur Netflix, l’équation ne tient pas. Si tu le montes parce que tu veux contrôler tes données, apprendre, et avoir une infrastructure sur laquelle tu peux compter — les économies sont un bonus appréciable.
FAQ
Faut-il un gros serveur pour commencer le self-hosting ?
Non. Un mini PC reconditionné (ThinkCentre, NUC, HP EliteDesk) à 80-150€ suffit pour héberger FreshRSS, Immich, Wallos et quelques services Docker. La puissance devient utile pour Plex (transcoding 4K) ou le machine learning d’Immich. Pour débuter, un Raspberry Pi 4 ou un mini PC d’occasion fait parfaitement le job.
Le self-hosting est-il fiable pour des données importantes ?
Aussi fiable que tu le décides. Avec une stratégie de backup correcte (règle 3-2-1 : 3 copies, 2 supports, 1 hors site), tes données self-hosted sont plus sécurisées qu’un seul abonnement cloud. Le risque principal est la panne matérielle sans backup — pas le self-hosting en lui-même. J’utilise Proxmox Backup Server pour sauvegarder toutes mes VMs et LXC automatiquement.
Combien de temps faut-il pour maintenir un homelab ?
Moins qu’on ne le croit une fois la mise en place terminée. Au quotidien : rien. Par semaine : 10-15 min pour regarder les alertes et les mises à jour. Par mois : 1-2h pour les updates importantes et les vérifications. Le plus gros investissement en temps est au départ — mettre en place les services, les backups, le monitoring.





